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Alt-SendMe : L'Arme Secrète pour Partager des Fichiers Sans Espionnage (Guide 2026)

Brandon Visca
Date de publication:

💡 TL;DR

  • Alt-SendMe transfère des fichiers en P2P direct entre deux machines, sans serveur cloud intermédiaire
  • Chiffrement de bout en bout (QUIC + TLS 1.3), aucune limite de taille, pas de compte à créer
  • Interface graphique Windows/macOS/Linux/Android, interopérable avec Sendme CLI en ligne de commande

Tu dois envoyer un fichier volumineux et tu hésites entre WeTransfer qui bride tout, Google Drive qui indexe tes données, ou un truc en ligne de commande qui te fait fuir ? Alt-SendMe règle ce dilemme avec une interface graphique simple, posée sur la même techno P2P que Sendme CLI.

Table des matières

Table des matières

Alt-SendMe vs Sendme CLI : quelle différence ?

Il existe deux outils distincts mais parfaitement compatibles, tous deux basés sur Iroh, la stack P2P développée par l’équipe iroh.computer :

Sendme CLI, par l’équipe Iroh elle-même : outil en ligne de commande, pensé pour les scripts et l’automatisation. J’en ai fait un guide dédié si le terminal ne te fait pas peur.

Alt-SendMe, par le développeur indépendant tonyantony300 : application desktop avec interface graphique, pensée pour l’usage quotidien sans taper une seule commande.

Les deux utilisent la même technologie sous le capot et sont 100% interopérables : un ticket généré par Alt-SendMe fonctionne dans Sendme CLI, et inversement.

Lequel choisir ?

Le problème que tu connais déjà

Un fichier volumineux à envoyer, et les options classiques déçoivent toutes à leur manière.

Email : 25 Mo de limite chez Gmail, 50 Mo chez Outlook. Compression obligatoire, galère assurée pour tout ce qui dépasse une poignée de photos.

WeTransfer : le forfait gratuit plafonne à 2 Go, les fichiers passent par leurs serveurs, le lien expire au bout de quelques jours même si le destinataire ne l’a pas encore ouvert.

Google Drive ou OneDrive : un compte requis des deux côtés, indexation par l’hébergeur, vitesse bridée sans abonnement payant.

LocalSend : très bien en réseau local, mais ça ne fonctionne pas sur internet (NAT, firewall).

Alt-SendMe couvre ce que ces solutions ne font pas en même temps : rapidité, confidentialité, taille illimitée, simplicité.

Le concept en 30 secondes

Imagine AirDrop, mais qui marche entre n’importe quelle plateforme et sur internet, pas seulement en réseau local.

  1. Tu glisses-déposes un fichier dans Alt-SendMe
  2. L’app génère un ticket, un code unique
  3. Tu envoies ce ticket à ton destinataire (chat, SMS, email)
  4. Il colle le ticket dans son Alt-SendMe
  5. Transfert direct entre vos deux machines

Pas d’intermédiaire qui stocke tes données, pas de limite de taille imposée par un forfait.

Comment Alt-SendMe connecte deux machines

NAT hole punching et relay de secours

Les deux machines se déclarent d’abord auprès d’un relay public pour traverser NAT et firewalls. Une fois le contact établi, Alt-SendMe tente une connexion directe QUIC entre les deux appareils, plus rapide et sans intermédiaire.

Si la connexion directe échoue (firewall d’entreprise trop restrictif par exemple), le transfert continue via le relay, mais reste chiffré de bout en bout : le relay ne voit que des paquets chiffrés, jamais le contenu.

Chiffrement et vérification d’intégrité

Tout le trafic passe en QUIC (le protocole derrière HTTP/3) avec chiffrement TLS 1.3. Chaque bloc de données est vérifié par un hash BLAKE3 : si un bit est corrompu en route, Alt-SendMe le détecte et retélécharge automatiquement le morceau concerné, sans relancer tout le transfert.

Installation

La dernière version au moment de cet article est la v0.4.2. Récupère toujours la version courante sur la page des releases GitHub.

💡 Astuce : chaque release GitHub fournit un fichier .sig à côté du binaire. Si tu es en environnement sensible, vérifie la signature avant d’installer plutôt que de faire confiance aveuglément à un exécutable téléchargé.

Windows

Télécharge l’installeur .exe (ou .msi) depuis les releases, lance-le, suis l’assistant. Une version Scoop existe aussi :

scoop bucket add extras
scoop install extras/altsendme

macOS

Télécharge le .dmg universel, glisse Alt-SendMe dans /Applications. macOS bloque souvent l’app à la première ouverture (Gatekeeper, app non notarisée) :

cd /Applications
xattr -dr com.apple.quarantine AltSendme.app

Linux

Le paquet .deb est fourni officiellement, une AppImage universelle existe aussi :

# Debian/Ubuntu
wget https://github.com/tonyantony300/alt-sendme/releases/download/v0.4.2/AltSendme_0.4.2_amd64.deb
sudo dpkg -i AltSendme_0.4.2_amd64.deb

# AppImage (n'importe quelle distro)
wget https://github.com/tonyantony300/alt-sendme/releases/download/v0.4.2/AltSendme_0.4.2_amd64.AppImage
chmod +x AltSendme_0.4.2_amd64.AppImage
./AltSendme_0.4.2_amd64.AppImage

Android

Un APK universel est disponible directement dans les releases GitHub, hors Play Store.

Envoyer et recevoir un fichier

Envoyer, en GUI :

  1. Lance Alt-SendMe
  2. Glisse-dépose ton fichier ou dossier
  3. Clique sur le bouton de partage
  4. Copie le ticket généré
  5. Envoie ce ticket à ton destinataire par le canal de ton choix
  6. Garde l’app ouverte tant que le transfert n’est pas terminé

Recevoir : ton destinataire colle simplement le ticket dans son Alt-SendMe, le transfert démarre automatiquement.

En ligne de commande, avec Sendme CLI (interopérable) :

# Installer Sendme CLI (développé par Iroh)
curl -fsSL https://iroh.computer/sendme.sh | bash

# Envoyer
sendme send mon-fichier.zip
# → Génère un ticket, à coller dans Alt-SendMe GUI ou à passer à sendme receive

Performances réelles

Le projet publie ses propres statistiques d’usage agrégées, à prendre comme ordre de grandeur plutôt que promesse contractuelle : plus gros transfert enregistré 452 Go, transfert rapide le plus volumineux 54 Go à 123 Mo/s (environ 1 Gbps), transfert massif 328 Go à 93 Mo/s, pic de vitesse mesuré 125 Mo/s. Le débit réel dépend toujours de ta machine, ton réseau et le chemin de connexion entre les deux appareils.

Sécurité et confidentialité

Chiffré : contenu des fichiers, noms de fichiers, métadonnées de transfert (TLS 1.3 de bout en bout).

Visible pour un tiers réseau : les adresses IP des deux machines et le volume de données transférées, comme pour n’importe quelle connexion internet classique.

Jamais stocké : pas de compte donc pas de logs utilisateur, pas de serveur cloud donc pas de copie de tes fichiers. Le relay, quand il sert de secours, ne conserve rien.

Alt-SendMe face au reste

CritèreAlt-SendMeWeTransferGoogle DriveLocalSendSCP/SFTP
Limite de tailleAucune2 Go (gratuit)Selon forfaitAucuneAucune
Compte requisNonNon (envoi)OuiNonCompte serveur
Stockage cloud intermédiaireNonOui (7 jours)Oui (permanent)NonNon
Chiffrement bout en boutOui (TLS 1.3)En transitEn transitNon (LAN)Oui (SSH)
Marche sur internet (pas juste LAN)OuiOuiOuiNonOui
InterfaceGUI + CLI (via Sendme)WebWebGUICLI
Open sourceOui (AGPL-3.0)NonNonOui (MIT)Oui

Cas d’usage réels

Freelance vers client : un dossier de rushes vidéo de plusieurs dizaines de Go part directement, sans upload préalable vers un cloud. Le client reçoit le ticket par email, colle-le dans son Alt-SendMe.

Sysadmin, backup vers un VPS distant : sécurise ton VPS et utilise-le comme relais temporaire. Une session screen sur le VPS avec Sendme CLI, un transfert lancé, tu peux fermer ta session SSH sans interrompre le transfert.

Partage de médiathèque entre deux homelabs (par exemple deux installs Jellyfin) : plus simple que de monter un accès distant, le fichier part directement d’une machine à l’autre.

Artefacts Docker entre collègues : docker save mon-image:latest | gzip | sendme send -, le ticket circule sur Slack, l’autre récupère avec sendme receive puis docker load. Complémentaire à un vrai registre pour du ponctuel, pas un remplacement pour de la prod (regarde plutôt du côté d’un guide Docker pour homelab si tu montes une infra plus permanente comme Nextcloud).

Limitations

La machine émettrice doit rester allumée pendant tout le transfert. C’est du P2P, pas un stockage cloud intermédiaire : tant que le fichier n’est pas intégralement reçu, ta machine doit être disponible. Le contournement classique : un VPS avec Sendme CLI dans une session screen ou un cron, qui reste allumé à ta place.

⚠️ Attention : si tu fermes l’application avant la fin du transfert, la connexion coupe net et ton destinataire doit attendre que tu relances un partage avec un nouveau ticket.

Interface volontairement minimaliste : pas d’historique de transferts avancé ni de gestion de file d’attente. Le projet mise sur la simplicité plutôt que sur les fonctionnalités superflues.

Dépannage

« Connection refused » ou connexion qui échoue

Vérifie que ton pare-feu autorise le trafic UDP sortant et entrant (QUIC). Sur un firewall Linux restrictif, ouvre le port utilisé par ton installation plutôt que de tout désactiver en aveugle.

Vitesse anormalement lente malgré une bonne connexion

Dans les logs de l’application, vérifie si le transfert passe en connexion directe ou par le relay de secours. Un relay implique un chemin réseau plus long, donc plus lent, mais reste chiffré de bout en bout.

Ticket invalide ou expiré

L’expéditeur a probablement fermé Alt-SendMe avant que le destinataire ne récupère le fichier. Relance le partage, ça génère un nouveau ticket.

Conclusion

Alt-SendMe comble un vrai vide : une interface graphique simple posée sur une techno P2P sérieuse, sans les compromis habituels du cloud grand public. Pas de compte, pas de limite de taille imposée, chiffrement de bout en bout par défaut.

Si tu gères un homelab et que tu échanges régulièrement de gros fichiers avec d’autres machines ou d’autres personnes, installe-le en parallèle de ton stockage permanent habituel. Pour de l’automatisation ou de l’intégration script, bascule sur Sendme CLI en ligne de commande, les tickets restent compatibles dans les deux sens.

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