💡 TL;DR
- Hyprland configuration se fait dans un seul fichier texte,
~/.config/hypr/hyprland.conf, organisé en sectionsgeneral,decoration,inputet des lignesbindpour le clavier- Gratuit et open source (licence BSD-3-Clause, projet
hyprwmsur GitHub), installable via le gestionnaire de paquets de ta distribution,pacman -S hyprlandsur Arch- Hyprland prépare un virage vers des configs en Lua depuis la version 0.55, et affiche déjà un avertissement de dépréciation sur
.confen 0.57 : le format texte marche encore, mais vérifie ta version avant de copier un tuto trop vieux
Hyprland configuration : un compositeur Wayland qui tient ses promesses
Tu en as marre de GNOME qui bouffe de la RAM pour afficher trois fenêtres côte à côte ? Hyprland répond à un besoin précis : un compositeur Wayland en tiling dynamique, léger, qui te laisse composer ton bureau fenêtre par fenêtre au clavier plutôt qu’à coups de glisser-déposer. Le projet est maintenu par l’organisation hyprwm sur GitHub, publié en open source sous licence BSD-3-Clause, et il tourne autour des 39 000 étoiles. Gratuit, sans compte à créer, sans version payante qui débloque les vrais réglages.
Ce qui fait la différence avec i3 ou Sway, c’est l’esthétique. Hyprland configuration ne se limite pas à des rectangles qui s’empilent : flou derrière les fenêtres, coins arrondis, animations fluides sur chaque changement de workspace. Techniquement c’est un vrai compositeur Wayland, pas un gestionnaire de fenêtres X11 maquillé, ce qui veut dire un rendu natif, une gestion propre du multi-écran et du HiDPI, et zéro dépendance à Xwayland pour les applications qui parlent nativement Wayland.
Table des matières
Table des matières
- Installer Hyprland et trouver le fichier de configuration
- Anatomie d’un hyprland.conf : general, decoration, animations
- Binds et dispatchers : reprendre le clavier en main
- Règles de fenêtre et gestion du tiling au quotidien
- Hyprland configuration chez Omarchy et le virage vers Lua
- Dépanner une configuration qui casse ton compositeur
- Conclusion
Installer Hyprland et trouver le fichier de configuration
Sur Arch Linux, qui reste la distribution la plus naturelle pour Hyprland, une seule commande suffit :
sudo pacman -S hyprland
Les autres distributions proposent aussi des paquets, mais les noms et la fraîcheur des versions varient beaucoup d’un dépôt à l’autre. Avant de copier un tuto trouvé sur un forum, vérifie toujours le guide d’installation officiel sur wiki.hypr.land pour la méthode recommandée sur ta distribution précise.
Une fois installé, lance une première fois ta session, puis repère le fichier qui porte toute ta configuration :
mkdir -p ~/.config/hypr
nvim ~/.config/hypr/hyprland.conf
Ce fichier unique, hyprland.conf, concentre tout : moniteurs, raccourcis, apparence, règles de fenêtre. Pas de panneau de préférences, pas de clics dans un menu. Tu écris ta configuration comme tu écrirais un script, et c’est exactement cette logique qui rend Hyprland configuration aussi puissante qu’intimidante au premier abord.
Avant d’aller plus loin, vérifie ta version exacte :
hyprctl version
Ce numéro compte. La syntaxe hyprland.conf a légèrement bougé plusieurs fois au fil des versions, et depuis peu, Hyprland encourage une bascule vers Lua. On y revient plus bas, mais retiens déjà ce réflexe : chaque exemple de ce guide, et de n’importe quel autre, doit être relu à la lumière de ton hyprctl version.
Anatomie d’un hyprland.conf : general, decoration, animations
Voici la structure de base que je recommande pour démarrer une Hyprland configuration propre, à coller dans ton fichier et à ajuster section par section :
monitor=,preferred,auto,1
input {
kb_layout = fr
follow_mouse = 1
sensitivity = 0
}
general {
gaps_in = 5
gaps_out = 10
border_size = 2
col.active_border = rgba(89b4faee)
col.inactive_border = rgba(595959aa)
layout = dwindle
}
decoration {
rounding = 8
blur {
enabled = true
size = 3
passes = 1
}
}
animations {
enabled = true
}
dwindle {
pseudotile = true
preserve_split = true
}
Chaque bloc a un rôle précis. general fixe les espacements entre fenêtres (gaps_in entre deux fenêtres tiling, gaps_out vers les bords d’écran) et la couleur de la bordure active, pile ce qu’il te faut pour repérer d’un coup d’œil quelle fenêtre a le focus. decoration gère le flou et les coins arrondis, deux réglages purement cosmétiques mais qui changent complètement le ressenti du bureau. dwindle configure le layout par défaut : pseudotile garde une fenêtre à sa taille naturelle tant que tu ne la tiles pas explicitement, preserve_split évite que l’arbre de tiling se réorganise tout seul à chaque fermeture de fenêtre.
Chaque modification se recharge à chaud, sans fermer une seule fenêtre :
hyprctl reload
⚠️ Si blur et les animations font ramer ton laptop, c’est souvent un signe que la machine swap plus qu’elle ne devrait sous la charge du compositeur. J’ai détaillé comment ajuster ça proprement dans mon guide swap Linux, en particulier le réglage de swappiness sur une machine qui fait tourner un compositeur graphique en plus du reste.
Binds et dispatchers : reprendre le clavier en main
La vraie force d’un tiling WM, c’est de ne quasiment plus toucher la souris. Tout passe par des lignes bind, avec une touche modificatrice qu’on définit une fois pour toutes :
$mainMod = SUPER
bind = $mainMod, Return, exec, kitty
bind = $mainMod, Q, killactive
bind = $mainMod, F, togglefloating
bind = $mainMod, V, exec, ladybird
bind = $mainMod, 1, workspace, 1
bind = $mainMod, 2, workspace, 2
bind = $mainMod SHIFT, 1, movetoworkspace, 1
bind = $mainMod, left, movefocus, l
bind = $mainMod, right, movefocus, r
Chaque ligne suit le même schéma : modificateur, touche, dispatcher, paramètre éventuel. exec lance un programme, killactive ferme la fenêtre focus, togglefloating bascule une fenêtre entre tiling et flottante, movefocus déplace le focus dans une direction. workspace change d’espace de travail, movetoworkspace y déplace la fenêtre active sans te faire suivre.
Mon setup chez moi lance un navigateur minimaliste sur $mainMod V. J’utilise Ladybird justement parce qu’il reste léger et démarre vite, ce qui compte sur un bureau pensé pour la rapidité au clavier. Pour le terminal, Kitty ou Alacritty font tous les deux l’affaire, et si tu veux harmoniser les couleurs entre ton terminal, ton éditeur et Hyprland, j’ai un guide complet sur l’installation du thème Catppuccin avec vim-plug qui se marie parfaitement avec les couleurs rgba() qu’on vient de voir plus haut.
Règles de fenêtre et gestion du tiling au quotidien
Certaines applications ne doivent jamais être tilées : un gestionnaire de volume, une boîte de dialogue, un lecteur vidéo flottant. La syntaxe actuelle pour les règles de fenêtre, après le retrait de l’ancien windowrulev2, se fait directement avec windowrule :
windowrule = float, class:^(pavucontrol)$
windowrule = float, class:^(blueman-manager)$
windowrule = size 800 600, class:^(pavucontrol)$
windowrule = workspace 3, class:^(discord)$
Chaque règle associe une action (float, size, workspace) à un sélecteur, le plus souvent la classe de la fenêtre. Pour trouver la classe exacte d’une application récalcitrante, lance hyprctl clients pendant qu’elle est ouverte : le champ class est écrit noir sur blanc dans la sortie.
Côté layout, Hyprland propose aussi master en alternative à dwindle (une fenêtre principale occupe la moitié de l’écran, les autres se partagent le reste) et un mode monocle qui passe une fenêtre en plein écran logique sans la sortir du tiling. Bascule entre les deux avec :
bind = $mainMod, M, layoutmsg, togglemaster
bind = $mainMod, P, pseudo
Bon, on va pas se mentir : les premières semaines, tu vas passer plus de temps à ajuster tes règles qu’à travailler. C’est normal, c’est même le but. Une Hyprland configuration qui te convient vraiment se construit par petites touches, pas en copiant un dotfiles GitHub entier le premier soir.
Hyprland configuration chez Omarchy et le virage vers Lua
Omarchy, la distribution Arch pensée pour démarrer vite avec un bureau tiling déjà fonctionnel, embarque Hyprland préconfiguré par défaut. Tes propres réglages viennent se poser par-dessus les valeurs par défaut de la distribution dans ce même fichier ~/.config/hypr/hyprland.conf, pensé pour survivre aux mises à jour sans que tu doives tout réécrire à chaque fois.
Spoiler : ça va bouger dans les mois qui viennent. Depuis la version 0.55, Hyprland accepte une configuration écrite en Lua en plus du format texte historique, et depuis la 0.56 puis la 0.57 sortie fin octobre 2026, le projet affiche un avertissement de dépréciation directement dans les logs quand tu utilises encore .conf. Le format texte continue de fonctionner au moment où j’écris ces lignes, mais la direction est claire. Des convertisseurs communautaires existent déjà pour traduire un hyprland.conf existant vers hyprland.lua, utiles le jour où tu voudras migrer sans tout retaper à la main.
La vraie question c’est : dois-tu migrer tout de suite ? Je dirais non, sauf si tu pars d’une installation toute neuve. Ta Hyprland configuration actuelle en .conf reste valide, documentée partout, et comprise par toutes les ressources existantes sur le sujet. Garde juste un œil sur hyprctl version et sur les notes de version avant chaque mise à jour majeure.
Dépanner une configuration qui casse ton compositeur
Une ligne mal écrite dans hyprland.conf ne plante pas tout ton bureau. Hyprland ignore la section fautive et continue de démarrer avec le reste de la configuration valide, un comportement bien plus tolérant que celui de beaucoup d’autres compositeurs. Pour savoir précisément ce qui a été rejeté :
hyprctl reload
journalctl --user -u hyprland -n 50
Si un module de ta barre, comme l’horloge affichée par Waybar, se met à afficher une heure fausse après un changement de configuration réseau ou système, le souci vient rarement de Hyprland lui-même : va vérifier la synchronisation côté système, j’ai écrit un guide sur comment régler le fuseau horaire et synchroniser l’heure du serveur sous Linux qui couvre exactement ce cas.
✅ Garde toujours un second moyen d’accès à ta session avant de toucher à la configuration des moniteurs ou des pilotes graphiques : un Ctrl+Alt+F3 vers un TTY texte te sauve la mise si l’écran reste noir après un hyprctl reload raté.
Conclusion
Hyprland configuration demande un peu plus d’investissement qu’un bureau classique, mais le résultat tient ses promesses : léger, rapide au clavier, et visuellement à la hauteur des compositeurs les plus chargés. Commence par la structure de base de cet article, avance section par section, et laisse ton hyprland.conf grossir au rythme de tes vraies habitudes plutôt que d’un dotfiles téléchargé d’un coup. Et garde un œil sur le virage Lua, il ne presse pas encore, mais il arrive.